L’univers de la mobilité urbaine connaît une révolution sans précédent. Entre l’urgence climatique, la congestion des centres-villes et les nouveaux usages, tout pousse à réinventer la façon dont on transporte personnes et marchandises. C’est précisément dans ce contexte bouillonnant que LUTB Transport & Mobility Systems – anciennement Lyon Urban Truck & Bus – s’impose comme l’un des acteurs clés de l’innovation en France. Implanté en région Auvergne-Rhône-Alpes, ce pôle de compétitivité fédère aujourd’hui quelque 200 adhérents autour d’un objectif commun : concevoir les véhicules industriels et les systèmes de transport collectif de demain.
Né il y a près de deux décennies, LUTB a su évoluer, se réinventer, et même changer de nom pour devenir CARA (Cluster Automotive Rhône-Alpes). Mais son ADN reste intact : rassembler grands groupes, PME innovantes, laboratoires de recherche et écoles d’ingénieurs pour faire émerger des projets de R&D collaboratifs. Que ce soit sur les motorisations propres, la sécurité des passagers, l’allègement des structures ou les systèmes logistiques intelligents, le pôle labellise des dizaines de programmes chaque année. Et derrière ces acronymes et ces chiffres se cache une réalité bien tangible : des bus plus silencieux, des camions moins polluants, et des solutions logistiques qui respirent mieux dans nos villes saturées.
L’ambition de LUTB, c’est aussi de connecter l’innovation technique aux enjeux économiques et sociétaux. La filière véhicules lourds pèse lourd dans la région : 5,2 milliards d’euros investis en R&D, des centaines d’emplois directs et indirects, et un rayonnement international qui attire les partenaires étrangers. Dans un contexte de concurrence mondiale féroce, cet écosystème joue un rôle stratégique pour maintenir la compétitivité française. Et ce n’est pas juste une histoire de croissance économique : c’est aussi celle d’une mobilité plus responsable, plus agile, plus humaine.
LUTB et l’histoire d’un pôle de compétitivité au cœur de la mobilité urbaine
Tout commence avec une conviction : les défis de la mobilité urbaine ne peuvent être relevés qu’en mode collaboratif. Dès sa création, le pôle LUTB a fédéré des industriels majeurs tels que Renault Trucks, Volvo, Irisbus-Iveco, Siemens, Veolia ou encore La Poste Distribution. Ces mastodontes ont compris qu’ils avaient tout intérêt à mutualiser leurs efforts de recherche plutôt que de travailler en silo.
Le concept de pôle de compétitivité, lancé en France au milieu des années 2000, visait précisément à favoriser ces synergies territoriales. LUTB s’est spécialisé sur les transports collectifs de personnes et de marchandises en milieu urbain. Pourquoi ce focus ? Parce que les villes concentrent aujourd’hui plus de la moitié de la population mondiale, et que cette proportion ne cesse de croître. Le transport urbain devient donc un enjeu stratégique, économique, écologique et social.
| Domaine d’intervention | Exemples de projets | Impact attendu |
|---|---|---|
| Motorisation propre | Moteurs hybrides, électriques, biogaz | Réduction des émissions de CO2 et NOx |
| Sécurité des usagers | Systèmes anticollision, caméras embarquées | Diminution des accidents en ville |
| Modularité des véhicules | Allègement, nouveaux matériaux | Baisse de la consommation énergétique |
| Logistique intelligente | Optimisation des tournées, communication embarquée | Réduction de la congestion urbaine |
L’un des atouts de LUTB, c’est son ancrage territorial. Rhône-Alpes, devenue Auvergne-Rhône-Alpes, abrite historiquement de nombreuses usines de construction de véhicules industriels et une grappe de sous-traitants spécialisés. Cette concentration géographique facilite les échanges, les essais, les prototypes. Un ingénieur de Renault Trucks peut échanger avec un chercheur du CNRS ou un entrepreneur d’une PME innovante, le tout à quelques kilomètres de distance.
- Renault Trucks : pionnier des poids lourds électriques en Europe
- Volvo : investissements massifs dans l’électrification et l’autonomie
- Irisbus-Iveco : spécialiste des autobus hybrides et GNV
- Siemens : systèmes de gestion de flotte et infrastructures de charge
- Veolia et Keolis : opérateurs de transport public, utilisateurs finaux
L’association LUTB-RAAC a d’ailleurs marqué les esprits en étant la seule en France à combiner un pôle de compétitivité et un cluster. Cette double casquette permet de couvrir à la fois les projets de rupture technologique (labellisés FUI, ANR) et l’accompagnement des entreprises dans leur montée en compétence. Le cluster Rhône-Alpes Automotive Cluster (RAAC) vient ainsi compléter l’action de LUTB en élargissant le spectre à toute la filière automobile régionale.
Les membres du pôle ne se contentent pas de soumettre des projets : ils participent activement à la gouvernance, orientent la stratégie, échangent leurs bonnes pratiques. Ce modèle collaboratif est une force, mais aussi un défi. Il faut trouver le bon équilibre entre l’intérêt collectif et les stratégies propriétaires de chaque entreprise. Certains projets nécessitent de partager des données sensibles ou d’investir en commun dans des démonstrateurs coûteux. Mais quand ça marche, les résultats sont spectaculaires : des produits mis sur le marché plus vite, des brevets partagés, et un niveau d’innovation rarement atteint en solo.
Les axes de recherche et développement qui font bouger les lignes
Le pôle LUTB a structuré son action autour de cinq grands axes stratégiques. Chacun d’eux répond à une problématique concrète de la mobilité urbaine, et chacun génère des dizaines de projets labellisés chaque année. Petit tour d’horizon de ces domaines d’excellence.
1. Motorisation et chaîne cinématique : comment rendre les poids lourds et les bus moins gourmands, moins bruyants, moins polluants ? L’optimisation des moteurs thermiques reste d’actualité, mais les motorisations hybrides et électriques prennent une place croissante. Le pôle a soutenu des projets de prolongateurs d’autonomie, de piles à combustible hydrogène, ou encore de systèmes de récupération d’énergie au freinage. Le pôle de compétition LUTB anticipe ainsi les normes Euro toujours plus strictes et les zones à faibles émissions qui fleurissent partout en Europe.
2. Sécurité et sûreté : les véhicules industriels sont impliqués dans de nombreux accidents, souvent graves. Améliorer la visibilité, éviter les angles morts, anticiper les collisions avec les deux-roues ou les piétons, tout cela passe par des systèmes embarqués de plus en plus sophistiqués. Caméras, radars, capteurs ultrasoniques, intelligence artificielle : la panoplie technologique s’étoffe. La sûreté des marchandises est aussi un sujet : comment protéger les livraisons du vol, du vandalisme, de la contrefaçon ? Des solutions de traçabilité par blockchain ou de verrouillage intelligent sont en cours de développement.
| Axe stratégique | Technologies clés | Partenaires types |
|---|---|---|
| Motorisation propre | Hybride, électrique, hydrogène | Renault Trucks, IFP Énergies Nouvelles |
| Sécurité active | Caméras, radars, IA embarquée | Siemens, INRETS |
| Modularité véhicule | Matériaux composites, allègement | PME spécialisées, Centrale Lyon |
| Logistique 4.0 | GPS, GSM, GPRS, UMTS, IoT | La Poste, Veolia, startups tech |
| Modélisation mobilité | Big Data, simulations, IA | CNRS, Grenoble EM, laboratoires publics |
3. Architectures modulaires et attractives : un bus ou un camion, c’est d’abord une carrosserie, un châssis, une cabine. Les nouveaux matériaux (composites, aluminium, acier haute résistance) permettent de gagner en légèreté sans sacrifier la robustesse. L’intégration de motorisations hybrides impose de repenser l’architecture du véhicule : où placer les batteries ? Comment gérer leur refroidissement ? Comment optimiser le rendement global de la chaîne de traction ? L’accessibilité est aussi un enjeu majeur, notamment pour les bus : plancher bas, rampes, signalétique adaptée, tout doit faciliter l’usage par les personnes à mobilité réduite.
- Allègement des structures pour réduire la consommation
- Gestion des vibrations et nuisances sonores pour améliorer le confort
- Design intérieur modulable selon les usages (transport scolaire, tourisme, ligne urbaine)
- Intégration de systèmes connectés (Wi-Fi, prises USB, écrans d’information voyageurs)
4. Nouveaux systèmes de transports collectifs : le véhicule ne suffit pas. Il faut penser l’ensemble de la chaîne : infrastructures de charge, voies dédiées, signalisation intelligente, interfaçage avec les autres modes de transport. Le pôle a labellisé des projets intégrant GSM, GPRS, UMTS pour la communication embarquée, permettant aux véhicules de dialoguer en temps réel avec les centrales de gestion de flotte. Les solutions logistiques prennent en compte la congestion urbaine, les créneaux de livraison, les restrictions de circulation. Objectif : garantir la qualité du service tout en minimisant l’impact environnemental.
5. Modélisation et gestion de la mobilité : comprendre comment les gens se déplacent, anticiper les flux, simuler l’impact de nouvelles lignes de transport, tout cela nécessite des outils de modélisation puissants. Des laboratoires comme le Laboratoire d’économie et des transports du CNRS ou l’INRETS (aujourd’hui intégré à l’IFSTTAR) apportent leur expertise en sociologie des transports, en économie de la mobilité, en analyse spatiale. Ces travaux nourrissent les politiques publiques et les stratégies des opérateurs de transport.

Un écosystème dynamique entre grands groupes, PME et laboratoires de recherche
L’un des secrets de la réussite du pôle LUTB, c’est sa capacité à créer des ponts entre des acteurs très différents. D’un côté, les grands groupes industriels apportent leur puissance de frappe, leurs moyens financiers, leurs réseaux commerciaux. De l’autre, les PME sont agiles, créatives, capables de développer des solutions de niche à forte valeur ajoutée. Au milieu, les laboratoires de recherche et les écoles d’ingénieurs fournissent l’excellence scientifique et les jeunes talents.
Cette diversité se reflète dans la composition des 200 adhérents du pôle. On y trouve des constructeurs de véhicules, des équipementiers (fournisseurs de moteurs, de batteries, de systèmes électroniques), des sociétés de services (maintenance, gestion de flotte, formation), des opérateurs de transport public et privé, des collectivités territoriales, et bien sûr des startups qui bousculent les codes. L’innovation paie déjà, comme en témoignent plusieurs succès commerciaux issus de projets labellisés.
| Type d’acteur | Rôle dans le pôle | Exemples |
|---|---|---|
| Constructeurs | Porteurs de projets, intégrateurs | Renault Trucks, Volvo, Irisbus-Iveco |
| PME innovantes | Solutions de rupture, spécialisation technique | Fournisseurs batteries, capteurs, logiciels |
| Laboratoires | Expertise scientifique, publications, brevets | CNRS, IFP Énergies Nouvelles, INRETS |
| Écoles d’ingénieurs | Formation, stages, projets étudiants | Centrale Lyon, INSA Lyon, ENTPE |
| Opérateurs transport | Retour utilisateurs, validation terrain | Keolis, Veolia, La Poste Distribution |
Prenons l’exemple d’un projet typique : un consortium réunissant Renault Trucks (leader technique), deux PME spécialisées dans les systèmes de contrôle moteur, un laboratoire du CNRS travaillant sur les matériaux de batteries, et l’INSA Lyon pour la modélisation thermique. Le projet vise à développer un camion de livraison 100% électrique avec une autonomie de 300 km. Le pôle accompagne ce consortium dans la structuration du dossier, la recherche de financements (FUI, aides régionales, crédits d’impôt recherche), et la mise en relation avec des testeurs potentiels (collectivités, entreprises de logistique).
Les retombées ne se limitent pas aux seuls porteurs de projet. Les écoles d’ingénieurs comme Centrale Lyon, l’INSA Lyon ou l’ENTPE bénéficient de terrains de stage et de sujets de recherche appliqués pour leurs étudiants. Les PME gagnent en visibilité et en crédibilité en s’associant à des grands noms. Les laboratoires valorisent leurs travaux et accèdent à des financements complémentaires. C’est un cercle vertueux, où chacun apporte et reçoit.
- Centrale Lyon : recherche en électronique embarquée et systèmes autonomes
- INSA Lyon : génie mécanique, matériaux, modélisation numérique
- ENTPE : spécialiste des infrastructures de transport et de l’urbanisme
- Grenoble EM : management de l’innovation, entrepreneuriat
- IFP Énergies Nouvelles : motorisations alternatives, carburants du futur
Le pôle organise régulièrement des événements de networking : journées thématiques, ateliers de co-construction de projets, salons professionnels comme Solutrans. Ces rencontres permettent de tisser des liens informels, souvent à l’origine des meilleures collaborations. Lors de Solutrans, le pôle a même annoncé son changement de nom pour CARA, marquant une nouvelle étape dans son développement.
Les financements et les appels à projets : moteurs de l’innovation collaborative
Innover coûte cher. Développer un nouveau moteur hybride, tester un système anticollision, valider un matériau composite sur des milliers d’heures de roulage, tout cela nécessite des investissements conséquents. Heureusement, le pôle LUTB joue un rôle crucial dans l’accès aux financements publics et privés. En labellisant un projet, il lui donne un gage de qualité et facilite l’obtention de subventions.
Le principal dispositif de financement est le Fonds unique interministériel (FUI), qui soutient des projets de R&D collaboratifs labellisés par les pôles de compétitivité. Quatre projets LUTB ont été retenus au titre du 22ème appel à projets, preuve de la vitalité du pôle. Ces projets bénéficient de financements de l’État, des régions, et parfois de fonds européens. En complément, le pôle oriente ses membres vers d’autres dispositifs : crédits d’impôt recherche, programmes Horizon Europe, aides de l’ADEME, prêts à taux zéro de Bpifrance.
| Source de financement | Type d’aide | Montant indicatif |
|---|---|---|
| FUI | Subvention projets collaboratifs | 500 k€ à 5 M€ |
| Région Auvergne-Rhône-Alpes | Aides à l’innovation, investissement | 50 k€ à 1 M€ |
| ADEME | Mobilité propre, économie circulaire | 100 k€ à 2 M€ |
| Bpifrance | Prêts innovation, garanties | Variable selon projet |
| Horizon Europe | Programmes de recherche européens | 1 M€ à 10 M€ |
Mais les financements publics ne suffisent pas toujours. L’avenir de LUTB passe par l’augmentation des financements privés, comme le souligne Philippe Grand, ancien directeur du pôle. Les industriels doivent mettre la main à la poche, investir en propre ou via des fonds d’investissement spécialisés. Certains projets attirent des business angels ou des fonds de capital-risque, séduits par le potentiel de rupture technologique. Le pôle facilite ces mises en relation, organise des pitchs devant investisseurs, accompagne les PME dans la levée de fonds.
- Labellisation des projets par le comité scientifique du pôle
- Montage des dossiers de demande de subvention (FUI, ADEME, région)
- Accompagnement dans la recherche de co-financements privés
- Mise en réseau avec des investisseurs, des fonds d’amorçage
- Suivi des projets, indicateurs de performance, capitalisation des résultats
Le processus de labellisation est rigoureux. Les porteurs de projet soumettent un dossier détaillant les objectifs, les verrous technologiques, les partenaires, le budget prévisionnel. Un comité d’experts évalue la faisabilité technique, l’adéquation avec la stratégie du pôle, le potentiel économique, l’impact environnemental. Seuls les projets les plus prometteurs obtiennent le label LUTB, sésame indispensable pour candidater aux appels FUI. Ce filtre garantit la qualité des projets et renforce la crédibilité du pôle auprès des financeurs.
Le pôle ne se contente pas d’ouvrir des portes : il suit les projets dans la durée, organise des comités de pilotage, vérifie l’avancement, résout les blocages éventuels. Cette fonction de coordination est essentielle dans des consortiums complexes réunissant parfois dix partenaires ou plus. Les enjeux de propriété intellectuelle, de confidentialité, de répartition des résultats sont gérés en amont via des accords de consortium. Le pôle joue un rôle de facilitateur, voire de médiateur en cas de désaccord.
Les retombées concrètes : innovations mises sur le marché et brevets déposés
Tous ces efforts se traduisent par des réalisations tangibles. Des bus électriques circulent dans plusieurs métropoles françaises, issus de projets labellisés LUTB. Des camions de livraison fonctionnant au biogaz, au GNV ou à l’hydrogène sortent des usines Renault Trucks ou Iveco. Des systèmes anticollision équipent désormais de série certains modèles de poids lourds. L’innovation ne reste pas dans les laboratoires : elle roule, elle transporte, elle fait gagner du temps et réduit la pollution.
Les brevets déposés constituent un autre indicateur de succès. Le pôle revendique plusieurs dizaines de brevets issus de projets collaboratifs, couvrant des domaines aussi variés que la gestion thermique des batteries, les algorithmes d’optimisation de trajets, ou les matériaux composites à haute résistance. Ces brevets sont souvent co-détenus par plusieurs partenaires, reflétant la logique collaborative du pôle. Certains font l’objet de licences auprès d’industriels tiers, générant des revenus qui peuvent être réinvestis dans de nouveaux projets.
| Innovation | Porteur principal | Statut |
|---|---|---|
| Bus électrique autonomie 250 km | Irisbus-Iveco | Commercialisé depuis 2020 |
| Camion GNV nouvelle génération | Renault Trucks | En production série |
| Système anticollision IA | PME partenaire + Siemens | Équipement de série 2023 |
| Batteries haute densité | Consortium académique + industriels | Phase pilote, brevets déposés |
| Logiciel optimisation tournées | Startup + La Poste | Déploiement national en cours |
Ces succès attirent l’attention des médias et des pouvoirs publics. Le pôle est régulièrement cité en exemple lors de conférences nationales ou européennes sur l’innovation. Il reçoit des délégations étrangères venues étudier le modèle français des pôles de compétitivité. Cette reconnaissance internationale renforce l’attractivité du territoire Auvergne-Rhône-Alpes, incitant des entreprises étrangères à y implanter leurs centres de R&D ou leurs usines.
LUTB devient CARA : un nouveau souffle pour la filière automobile et véhicules industriels
En 2016, lors du salon Solutrans, le pôle de compétitivité annonce un tournant stratégique : LUTB-RAAC devient CARA (Cluster Automotive Rhône-Alpes). Ce changement de nom ne relève pas du simple effet de mode marketing : il traduit une volonté d’élargir le périmètre d’action et de mieux fédérer l’ensemble de la filière automobile régionale, au-delà des seuls véhicules industriels et bus.
Pourquoi ce virage ? Parce que les frontières entre automobile légère et véhicules industriels s’estompent. Les technologies développées pour un bus électrique peuvent servir à un SUV hybride, et vice-versa. Les enjeux de connectivité, d’autonomie, de cybersécurité, de nouveaux usages (autopartage, mobilité servicielle) concernent tous les segments. En fusionnant sous la bannière CARA, le pôle et le cluster envoient un signal fort : ils veulent jouer dans la cour des grands, rivaliser avec les clusters allemands ou italiens, et positionner Auvergne-Rhône-Alpes comme un hub européen de la mobilité du futur.
- CARA fédère désormais plus de 200 membres, tous segments confondus
- Couverture élargie : voitures particulières, véhicules utilitaires légers, poids lourds, bus, autocars
- Nouvelles thématiques : véhicule autonome, cybersécurité, mobilité partagée, économie de la fonctionnalité
- Renforcement des liens avec les autres pôles français (ID4CAR, Mov’eo) et européens
- Ambition affichée : peser dans les programmes Horizon Europe, attirer des financements internationaux
Ce repositionnement s’accompagne d’une modernisation de la gouvernance et des outils. Le pôle investit dans des plateformes numériques permettant aux membres de collaborer à distance, de partager des données, de suivre l’avancement des projets en temps réel. Des webinaires thématiques remplacent en partie les rencontres physiques, élargissant l’audience et facilitant la participation des PME dispersées sur le territoire. L’objectif est de rendre le pôle plus agile, plus réactif, plus inclusif.
| Avant (LUTB-RAAC) | Après (CARA) | Bénéfices |
|---|---|---|
| Focus véhicules industriels et bus | Toute la filière automobile | Synergies technologiques accrues |
| 200 membres | 200+ membres, en croissance | Élargissement du réseau |
| Rayonnement régional | Ambition européenne | Attractivité renforcée, financements |
| Gouvernance traditionnelle | Outils numériques, webinaires | Agilité, inclusion, réactivité |
Les acteurs historiques du pôle ont accueilli cette évolution avec enthousiasme. Pour eux, c’est l’occasion de se diversifier, d’explorer de nouveaux marchés, de nouer des partenariats inédits. Une PME spécialisée dans les systèmes de freinage pour bus peut désormais collaborer avec un équipementier de l’automobile légère, mutualisant ainsi ses coûts de R&D et accédant à de nouveaux débouchés. Les constructeurs, eux, voient dans CARA une plateforme unique pour anticiper les ruptures technologiques et peser dans les débats réglementaires au niveau européen.
Bien sûr, tout n’est pas rose. Le pôle de compétitivité LUTB devait déjà faire face à des défis : budget contraint, concurrence entre membres, complexité administrative des dossiers de financement. Avec l’élargissement du périmètre, ces défis se multiplient. Comment concilier les intérêts d’un constructeur de voitures de luxe et ceux d’un fabricant de bus scolaires ? Comment éviter la dilution de l’identité et des compétences spécifiques ? La gouvernance de CARA doit naviguer entre ces écueils, en trouvant le juste équilibre entre spécialisation et ouverture.
L’impact économique et l’emploi dans la région Auvergne-Rhône-Alpes
Derrière les acronymes et les projets de R&D se cachent des enjeux économiques et sociaux considérables. La filière véhicules industriels et automobiles emploie des dizaines de milliers de personnes en Auvergne-Rhône-Alpes, entre les usines de construction, les sous-traitants, les centres de R&D, les services de maintenance et de distribution. Le pôle CARA joue un rôle de catalyseur : en favorisant l’innovation, il contribue à maintenir la compétitivité des entreprises, à préserver les emplois existants, et à en créer de nouveaux dans des métiers à forte valeur ajoutée.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 5,2 milliards d’euros investis en R&D par la filière, des centaines de brevets déposés chaque année, des milliers d’ingénieurs et de techniciens mobilisés sur des projets d’avenir. Cette dynamique attire également des talents venus d’autres régions ou de l’étranger, renforçant l’écosystème d’innovation. Les écoles d’ingénieurs locales adaptent leurs programmes pour former les compétences de demain : électronique de puissance, intelligence artificielle, cybersécurité, science des matériaux. Le cercle vertueux est en marche.
- Maintien de l’emploi industriel dans une région historiquement ouvrière
- Création de postes qualifiés : ingénieurs R&D, data scientists, experts en IA
- Développement de filières de formation spécialisées (apprentissage, masters, doctorats)
- Attractivité territoriale renforcée : implantations d’entreprises, rayonnement international
- Retombées fiscales pour les collectivités : taxe professionnelle, impôts sur les sociétés
Mais l’impact ne se limite pas au volet économique. En promouvant des véhicules plus propres, plus sûrs, plus intelligents, le pôle contribue à améliorer la qualité de vie en ville. Moins de pollution sonore, moins de particules fines, moins d’accidents : autant de bénéfices pour les habitants. Les opérateurs de transport public, eux, gagnent en efficacité et en attractivité, incitant davantage de citoyens à délaisser leur voiture personnelle. C’est une transition globale, où technologie, économie, environnement et société s’entremêlent.
Le pôle CARA est aussi un acteur de la transition énergétique. En soutenant les motorisations alternatives (électrique, hydrogène, biogaz), il participe à la réduction des émissions de CO2 et à l’atteinte des objectifs climatiques. La région Auvergne-Rhône-Alpes a fixé des objectifs ambitieux en matière de décarbonation des transports, et CARA est un levier essentiel pour les atteindre. Les projets labellisés intègrent systématiquement une évaluation de l’impact environnemental, et les solutions les plus vertueuses bénéficient d’un soutien renforcé.



